Toujours à La Romieu, visite du village...
La légende des chats....
En l'an de grâce 1338, dans un village de Gascogne appelé LA ROMIEU, vivaient heureux Vincent et Mariette. Il était bûcheron, et sa
femme l'accompagnait souvent dans la forêt pour faire des fagots. Ils travaillaient dur, mais avec les volailles, le cochon, les légumes et les fruits du jardin, la table était garnie. Ils
étaient mariés depuis 3 ans, lorsque Mariette mit au monde une petite fille qu'ils appelèrent Angéline. Hélas Vincent fût écrasé par un arbre qu'il abattait. Mariette inconsolable, se laissa
dépérir et deux mois plus tard, elle fût trouvée morte, tenant Angéline dans ses bras.
La petite fût recueillie par une voisine, et grandit avec ses enfants comme leur soeur. Angéline montrait une grande attirance pour les chats. Il y en avait toujours 2 ou 3 autour d'elle qui, la
nuit, dormaient dans son lit. Elle partageait souvent son écuelle avec eux.
Angéline au fil des ans devenait une solide jeune fille qui aidait bien ses parents adoptifs aux travaux des champs, toujours accompagnée de ses chats. Puis pendant 2 années l'hiver fût rude, et
le printemps et l'été si pluvieux qu'il ne fût pas possible d'ensemencer les champs. Il s'ensuivit une grande disette, et malgré la distribution par le seigneur Arnaud d'Aux des réserves de
la Collégiale, les habitants de La Romieu n'eurent bientôt plus rien à se mettre sous la dent. Ils pensèrent alors aux chats, si nombreux dans le village, et en firent de la gibelotte.
Les parents d'Angéline, sachant combien elle aimait les siens, acceptèrent qu'elle garde un chat et une chatte, à condition de bien les cacher, car les voisins ne demandaient qu'à leur tordre le
cou. Angéline enfermait donc le jour les 2 minous dans le grenier, et la nuit les laissait sortir pour chasser. Mais la famine s'accentuait et beaucoup de villageois mouraient. Angéline et ses
parents subsistaient péniblement, en récoltant des racines dans les bois, quelques fois des champignons, mais c'était piètre pitance. Très amoindris, ils purent néanmoins, surmonter cette triste
période et des temps plus cléments permirent enfin de récolter de quoi vivre.
Mais, à La Romieu où les chats avaient disparu, les rats avaient proliféré au point de menacer les réoltes. Angéline avec des précautions infinies, avait pu cacher ses chats et ils avaient eu
plusieurs portées. C'est une vingtaine de greffiers qui s'ébattaient dans le grenier. Heureusement la maison était isolée.
Les villageois se lamentaient devant les dégâts causés par les rats. C'est alors qu'Angéline annonça qu'elle allait lâcher une vingtaine de chatons que les habitants pourraient adopter. Les rats
disparurent rapidement et c'est ainsi qu'Angéline sauva La Romieu d'un nouveau malheur !
La légende dit aussi que le visage d'Angéline, au fil des ans, ressembla de plus en plus à un chat, et que ses oreilles se transformèrent en oreilles de chat.
C'est en écoutant une grand-mère raconter à ses petits enfants la légende des chats d'Angéline, qu'un sculpteur Orléanais aujourd'hui décédé : Maurice SERREAU , eut l'idée de la faire revivre en
déposant des sculptures de chat autour de la place.
J'en ai même trouvé un bien vivant !...